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Une sombre histoire pour en finir avec ma très courte période passée à Antony. Un
jeune gardien de la paix dont j’avais connu le père lorsque j’étais brigadier à sceaux, S’étant rendu compte, malgré la demi-obscurité, que l’arme était un jouet en
matière plastique, le policier ne perd pas son sang-froid et met rapidement son agresseur
en fuite.
Reste le fait qu’un fonctionnaire en tenue avait été mis en joue par un seul agresseur
qui ne pouvait ignorer sa profession. et que c’était peut-être en raison de cette
profession. Pourquoi ? et que voulait cet homme ? Chacun de proposer son hypothèse.
La plus vraisemblable était qu’on voulait lui faire peur. Une connaissance du gardien
? un voisin, peut-être, ce qui expliquerait le masque ? Un malfaiteur arrêté par lui, ou
tout simplement un déséquilibré ? Toutes ces pistes ne donnèrent aucun résultat et
l’affaire finit par être oubliée. Pourtant, quelques semaines plus tard, une seconde agression beaucoup plus
grave, remettait tout en cause. A nouveau, en rentrant chez lui le soir, ce fut dans le couloir de son immeuble
qu’il fut abattu d’un coup de feu tiré par un individu qui avait pris la fuite. La préméditation, voire le guet-apens étaient patents. L’agresseur devait l’attendre
dans l’entrée de l’immeuble à une heure qu’il savait être celle de son retour
habituel. De plus, il avait pris la précaution de coller un papier sur l’oeilleton de la
porte palière faisant face à l’entrée de son appartement. L’affaire devenait sérieuse. La brigade centrale de la police judiciaire avait été
chargée de l’enquête. Le lendemain, je me faisais conduire à Broussais où mon gardien de la paix était
hospitalisé. Le chirurgien m’ayant informé qu’il avait besoin de sang de son groupe,
je lançais un message radio en urgence pour recruter des volontaires. J’avais évidemment interrompu un trafic en cours. Mon message terminé, pendant un temps qui me
parut long, très long, le silence devint anormalement total sur les ondes. Je me
demandais si j’avais été assez clair, si l’on m’avait bien compris et j’allais reprendre
mon appel lorsqu’une cascade de réponses arrivait de tous les services. Les cars de
Boulogne, Vanves, Montrouge, issy-les Moulineaux, 13e, 14e, 15e arrondissements
annonçaient leurs départs pour Broussais. Le temps mort avait servi à rechercher et
trouver les volontaires du même groupe sanguin. C’est là que je me suis aperçu que l’esprit de corps n’existait pas seulement sous forme de revendications professionnelles. Je suis parti en retraite sans connaître les suites de l’enquête. Je ne sus le fin mot de l’histoire qu’un peu plus tard en rendant une visite à mes anciens collègues. J’eus l’occasion de discuter avec un inspecteur ayant participé à l’enquête. « et cette affaire du gardien X, vous n’avez rien trouvé, elle est tombée dans le lac ? Ah bon ! me répond-il, vous êtes au courant ? au courant de quoi ? » En effet, elle était tombée dans le lac ! L’auteur avait été arrêté avec sa complice. ils attendaient à Fleury-Mérogis leur
passage aux assises. Amant et maîtresse, c’est-à-dire la femme du gardien X, avaient
décidé de se débarrasser du mari gênant. Au cours de leurs interrogatoires, ils ont
reconnu avoir jeté l’arme, un véritable pistolet, cette fois, dans le lac de Verrières ! |
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